Prothèse pénienne

Les prothèses péniennes : un traitement chirurgical des troubles de l’érection

Il existe de nombreux traitements médicamenteux pour prendre en charge les troubles de l’érection : comprimés, crèmes, injections intra-caverneuses. Il existe aussi des traitements non médicamenteux, comme la vacuum-thérapie. Lorsque tous ces traitements ont échoué ou ne conviennent pas aux patients, il existe une dernière option, chirurgicale cette fois-ci : la mise en place d’une prothèse pénienne.

Il s’agit d’une thérapeutique à proposer en 3ème intention, c’est à dire lorsque les traitements médicamenteux oraux de 1ère intention (ex : sildénafil) et de 2nde intention (ex : injections intra caverneuses) s’avèrent inefficaces ou impossible à proposer au patient (ex : trop mauvais état cardiaque).

Prothèse pénienne : une intervention chirurgicale irréversible

L’information du patient dans le choix de cette intervention est très important car celle-ci présente un caractère irréversible :

Comme nous avons pu le voir précédemment, les corps caverneux jouent un rôle primordial dans le mécanisme de l’érection. Or, les prothèses, qu’elles soient semi-rigide ou gonflable, vont être placées à l’intérieur de ces corps caverneux, qui vont être détruits au cours de la mise en place de la prothèse. Les érections seront dès lors assurées par le dispositif mécanique ; les érections spontanées sont désormais impossible, même en cas de retrait de la prothèse.

Quelles patients sont concernés ?

Les indications les plus fréquentes pour la pose d’une prothèse pénienne sont

  • des troubles cardio-vasculaires
  • diabète avancé
  • prostatectomie avec troubles de l’érection et échec de la rééducation et des traitements médicamenteux

Il n’y a pas d’âge limite pour la pose d’une prothèse pénienne. Il faut néanmoins que le patient soit en mesure de supporter une intervention chirurgicale.

Les différents types de prothèses péniennes

Il existe deux types d’implants péniens :

Prothèse pénienne semi-rigide (également appelée malléable)

Ce sont des implants en silicone dont l’axe est armé par un matériau qui lui confère la rigidité nécessaire au rapport sexuel et la « mémoire » après orientation manuelle (l’implant conserve la forme qu’on lui donne).
prothèse semi-rigide

Avantages :

  • Intervention chirurgicale plus simple et plus rapide.
  • Risque infectieux plus faible.
  • Facile à utiliser : il suffit de redresser manuellement la verge.

Inconvénients :

  • Reste toujours rigide même en dehors des rapports sexuels après abaissement manuel de la verge.
  • Aspect esthétique au repos peu naturel
  • Peut gêner un acte endoscopique urologique à réaliser par l’urètre (conduit urinaire situé dans la verge).
  • Peut gêner l’habillement ou la vie quotidienne selon les activités du patient.

Risques propres :

  • Possibilité de fracture de la prothèse, le plus souvent par manœuvre traumatique. Nécessite alors le remplacement de l’implant.
  • Douleurs chroniques avec ou sans érosion du gland, pouvant nécessiter l’explantation et le remplacement par un implant plus court.
  • Phimosis : la peau du prépuce s’avère trop serrée une fois la prothèse en place, ne permettant pas ou difficilement le décalottage du gland. Peut être facilement corrigé par une plastie (élargissement de l’anneau du prépuce) ou une posthectomie.

Prothèse pénienne gonflable (2 pièces ou 3 pièces)

Les prothèses gonflables sont composées de deux cylindres, chacun est placé dans un corps caverneux et d’une pompe, placée dans le scrotum. C’est un système hydraulique, dont l’action de la pompe permet de remplir les cylindres d’eau, rigidifiant les cylindres reproduisant le mécanisme de l’érection. Par pression sur un endroit différent de la pompe, l’eau est chassée des cyclindres et repart dans les réservoirs, le pénis retrouve son aspect « flacide », c’est à dire de repos.

Il existe une différence entre les prothèses 2 pièces et 3 pièces :

  • les prothèses 2 pièces contiennent au sein de chaque cylindre un réservoir de liquide2 pieces prothèse
  • les prothèses 3 pièces nécessitent la mise en place d’un réservoir, généralement placé dans le pelvis, à côté de la vessie. 3 pieces prothèse

Avantages :

  • Meilleure flaccidité que l’implant malléable.
  • Assez simple d’emploi mais nécessite un apprentissage et une certaine dextérité.

Inconvénients et risques propres :

  • Parfois difficile à manipuler.
  • Pompe-réservoir palpable et parfois visible au niveau des bourses.
  • Possibilités de fuites ou de mauvais fonctionnement de la pompe ou des cyclindres nécessitant une nouvelle intervention (révision)
  • L’implant n’a pas une durée de vie éternelle, et doit être remplacé tout ou parti au bout de 10 à 15 ans (durée variable en fonction de sa fréquence et mode d’utilisation)

L’information aux patients

Le choix de la prothèse est pris en fonction:

  • des antécédents médicaux du patient
  • de la demande du patient (esthétique, fréquence d’utilisation)
  • de la dextérité du patient: en effet, pour des personnes souffrant d’arthrose sévère ou d’obésité, pourront davantage bénéficier d’un implant semi-rigide.

Il est particulièrement important que le patient et son/sa partenaire soit bien informés de l’opération et des risques de l’opération.

L’opération de pose dure environ 1 heure, les complications sont celles inhérentes à toutes opérations chirurgicales.

Les principales complications sont :

  •  Infections: possibles en post-opératoire : 6 à 7% pour des patients sans facteurs de risques connus. L’infection peut être précoce (dans les jours qui suivent l’intervention), ou tardive, parfois plusieurs mois ou années plus tard. Certaines facteurs favorisent l’infection : le diabète, des antécédents de radiothérapie pelvienne ou de traumatisme pelvien avec lésion de l’urètre, les infections aiguës ou chroniques (urinaires, sinusiennes, dentaires…), certaines affections neurologiques.
Si cet évènement se produit, la simple administration d’antibiotiques ne suffit le plus souvent pas. Il faut retirer l’implant pénien. A plusieurs semaines ou mois de l’accident infectieux, il est possible de tenter la mise en place d’un nouvel implant, mais l’acte chirurgical est plus difficile et le risque d’une nouvelle infection est plus important.
  • Hématome: peut également survenir. Il peut être évacué chirurgicalement ou se résorber de lui-même s’il est peu important.
  • Dysfonctions mécaniques : peuvent apparaître au cours du temps (après 15 ans 60% des implants ont nécessité une nouvelle intervention).
  • Diminution de la taille de la verge: due au placement des cylindres dans le tissu intra-caverneux. Par ailleurs, si la prothèse doit être retirée, le patient ne pourra plus bénéficier des traitements médicamenteux pour les troubles de l’érection.

Les prothèses péniennes présentent un taux de satisfaction très élevé, jusqu’à plus de 90% de patients satisfaits.

Suites opératoires, retour à domicile :

Le retrait des pansements, drains et sondes s’effectue habituellement le lendemain de l’intervention et le retour à domicile peut s’effectuer le lendemain ou les jours qui suivent après vérification de l’état du patient.

Des soins de cicatrice peuvent être réalisés par un(e) infirmier(e) à domicile ou par le patient lui même quelques jours après l’intervention.

Des antalgiques sont prescrits à la sortie. Le patient doit éviter toute activité sexuelle et ne pas utiliser l’implant pendant 6 semaines après l’intervention afin de permettre la cicatrisation. La convalescence et l’arrêt de travail sont adaptés au patient.